coupe du monde (texte proposé)

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coupe du monde (texte proposé)

Message par Gizmo le Mer 17 Aoû 2016 - 16:31

-Qui ne saute pas n'est pas Français ! Ouais !

Quelle bande de gamins ! J'avais épousé un gamin !
Mon mari et ses potes étaient dans le salon, une bière dans une main, des chips ou du saucisson dans l'autre.
Ces andouilles sautaient devant l'écran.
Ils s'étaient même déguisés. Maillots, shorts, perruques tricolores et maquillage à l'unisson.
Ils me dégueulassaient toute la pièce.
Et qui allait faire le ménage demain ?
Amélie !

Ils avaient même osé l'inimaginable !
Un poulet se baladait sur la table du salon !

Le pire, le plus épouvantable, c'est que cette connerie allait durer un mois !

Un mois de cannettes à récupérer, de cochonneries à aspirer. Je ne pouvais même plus regarder un film ou une émission, ils squattaient la télé. Même lire un livre m'était impossible, ils gueulaient tellement que je ne comprenais plus ce que je lisais.

-Et y sont oùùù, et y sont où... les Espagnols ?

Et que je te remuai le postérieur en chantant. Ils allaient me ressortir la danse des canards d'ici peu.

Ça durait jusqu'à deux heures du matin, parce qu'en plus, comme ça se passait au Brésil, décalage horaire aidant, ils m'emmerdaient de dix huit heures à deux heures.

Sur l'écran, les joueurs des deux équipes posaient pour la photo. Ceux du premier rang se penchaient en avant, les mains sur les genoux, sérieux comme des papes. Ceux du second rang, debout, avaient la mine réjouie. Il semblait que les seconds sodomisaient les premiers. Les cons !

-J'en ai marre, je me casse, je reviendrais après la finale, démerde toi, mon champion.
-Mon doudou, ma chérie, où vas tu ?
-Et elle va oùùù, et elle va oùùù, la chérie Doudou ?

C'en était trop, je récupérais les clefs de la voiture, mes papiers et une petite veste et je sortais en claquant la porte.

Je n'avais aucune idée de l'endroit où aller, mais j'y allais.
Chez ma mère ou ma sœur ? Impossible, elles habitaient Dunkerque.
Nous avions fait construire une jolie maison dans un petit village près de Quillan. Malheureusement très isolé.
Où aller ? Quillan ou Limoux à vingt deux heures n'étaient pas particulièrement agités. Carcassonne ce n'était guère mieux, même en été. Je ne pouvais même pas faire du lèche vitrine, tout était fermé à cette heure.
Je roulais sans but précis. Il fallait d'abord que je me calme, sinon j'allais me retrouver dans le décors. Partie sur un coup de tête, je ne savais que faire, mais je ne pouvais rentrer de suite, ils en auraient été trop contents.
Pas sûr pourtant qu'ils se rendissent compte de mon retour, pris qu'ils étaient par leur match.

Je traversais une vaste zone déserte, dans la lueur de mes phares je ne voyais que cistes, chênes verts, lièvres et papillons de nuit.

Je n'avais pas encore pris de décision quand ma voiture hoqueta.
-Tu ne vas pas me lâcher ma vieille !

À peine avais je prononcé cette phrase que les phares s'éteignirent, le tableau de bord itou, le moteur s'arrêta, émettant un sifflement sinistre. La voiture roula encore quelques mètres sur son erre.
Un puissant rayon lumineux illumina mon vieux tacot, venant du ciel.
-Merde, je ne vais quand même pas me faire enlever par des martiens ? Quand ça veut pas, ça veut pas. Ça n'est vraiment pas mon jour.

Je me revoyais, toute petite, regarder des émissions ou des feuilletons à la télé, qui parlaient d'hommes ou de femmes enlevés par des Étees, subir les plus immondes expériences, ou carrément se faire bouffer.

Je m'accrochais au volant, tétanisée. Un engin descendit et se posa sur la route, devant moi.
Une soucoupe volante ?
Que nenni, une deux chevaux Citroën, une bonne vieille deux deuche.

-Qu'est ce que c'est que cette mascarade?

L'engin tressauta sur ses amortisseurs. Elle me faisait face et m'illuminait de ses phares.
Une portière s'ouvrit.
J'allais faire une rencontre du quatrième type, voir un extraterrestre.

Maman je vais mourir !

Un gars tout à fait banal sortit de la deux chevaux, vêtu d'une salopette grise.
Il flanqua un coup de pied dans le pneu de la bagnole.

Toute mes idées reçues s'envolaient. Des extraterrestres en salopette !
Il s'approcha de ma voiture. Il me semblait baraqué pour un Martien. La portière passager s'ouvrit elle aussi, un autre être en sortit. Un peu plus petit que le premier. Mais la théorie des petits hommes verts se cassait la gueule. Les petits hommes verts étaient grands ! Et pas verts.
Je claquais des dents, des fesses aussi. Ils allaient me dévorer ou me faire subir les derniers outrages, m'enfiler des sondes de partout, me découper en rondelles, m'enfoncer des tentacules gluants je ne sais trop où.

Le premier s'approcha, me fit un signe de la main. Il m'invitait à sortir.
Ça y était. Je venais de faire pipi dans ma culotte.
Je secouais la tête avec la dernière énergie.

De plus près il me semblait tout à fait normal. Peut être la couleur de la peau, légèrement différente mais comme il commençait à faire sombre, impossible d'en être sûre.
Il tendit le bras vers moi et ma portière s'ouvrit toute seule.
J'entretenais un tout petit espoir que ce fût une blague à la con, mais là, non impossible. J'avais verrouillé les portières de l'intérieur.
-Venez, me dit il.
Il possédait une voix grave au timbre légèrement métallique.

L'autre E.T tendit le bras et ma portière droite s'ouvrit.
Pourquoi n'étais je pas restée à écouter les bêtises de mon mari et de ses copains.

Ma ceinture de sécurité se détacha seule.
Sans que l'un des deux me touche je fus extraite de la voiture.

-Venez, me répéta t-il, nous venons en paix.

Ouais, Christophe Colomb à dit la même chose aux Indiens d'Amérique !

Sans qu'ils ne posassent la main sur moi, sans que je ne me meuve, j'avançais vers la deux chevaux, je lévitais.
Si j'avais pu éviter de léviter.
J'étais contrainte sans.. contrainte.

La portière arrière de la Citroën s'ouvrit. Je me retrouvais assise sur le siège. Un siège tout à fait banal, en tissus et petits boudins en caoutchouc ! Un vieux siège de deux chevaux.

Les deux gugusses remontèrent à l'avant, un coup de contact et la voiture quitta le sol.

J'essayais de réciter le Notre Père, mais je me mélangeais dans les paroles.

Je voyais à travers la vitre un énorme engin, aux contours légèrement lumineux, bleutés, semblant animés d'une pulsation. La lumière changeant de teinte toute les deux ou trois secondes, passant du bleu clair au plus foncé.

L'appareil ressemblait à un long tube, une de ses extrémité terminée par deux protubérances globuleuses, l'autre coté par un renflement bulbeux muni d'une rangée de hublots, verticale.
Je ne pouvais qu'estimer sa taille, n'ayant aucun point de comparaison. Je dirais cent mètres de long sur cinquante de diamètre.

Une trappe s'ouvrit dans le ventre du monstre volant, la deux chevaux s'y engouffra.

De puissants phares éclairaient notre véhicule tandis que des bras à ventouses vinrent maintenir en place ses roues.

Deux autres personnages apparurent à l'extérieur, identiques à mes deux kidnappeurs. Ils étaient cependant vêtus de combinaisons blanches.

-Veuillez sortir du véhicule je vous prie.

Le chauffeur, toujours aussi poli m'ouvrit la portière. Tremblante, je descendis de la deux deuche volante.

-Qu'as tu ramené de ta sortie, Zourglim ?

Un des assistants venait d'interpeller mon chauffeur kidnappeur.

-C'est une femelle. Elle a deux protubérances caractéristiques sur le poitrail.

Un des êtres venus de l'espace tripota un petit cube d'où surgit un hologramme, lequel se matérialisa devant son visage, sans aucun support.
Je voyais la représentation d'une femme nue qui tournait sur elle même, sur les côtés des annotations s'affichaient, des légendes écrites en un alphabet étrange. Une petite manipulation et l'image s'agrandit, il zooma sur la poitrine et dit :

-Ce sont des seins. Ou nénés, lolos, nichons, roploplos.
-Merci Zamboum.

-Tu crois qu'elle nous sera utile ?
-Oui, les femelles de cette espèce sont plus futées que les mâles. Plus courageuses aussi.
-Peut-être, mais elle s'est quand même pissé dessus.
-Le dernier mâle que tu as ramené a chié partout, de frousse. J'ai mis dix rotations pour tout nettoyer.
-Chié ?

Le dénommé Zamboum reprit son holocube, en sortit une autre fiche virtuelle, sélectionna l'image d'une cuvette de W.C,

-Chier : déféquer, caguer,
-C'est bon !

Je nageait en plein délire. Ces.. personnages discutaient entre eux de moi, je les comprenais. Ils parlaient Français.
Je tremblais, mes jambes se dérobèrent.

-Elle fait un malaise, vite au laboratoire.

Non, pitié, pas le labo.
Ils m'allongèrent et me sanglèrent sur une sorte de civière et m'emmenèrent dans les profondeurs du vaisseau. Le brancard flottait et moi avec.
Notre étrange procession entra dans un gigantesque local, aux murs couverts d'écrans en tout genre, des tables d'opérations égayaient la salle !

-Mon chéri, mon amour, pourquoi t'ai je quitté
-Mon chéri mon amour je te jure d'aimer le foot.

-Elle parle !
-Bien sûr qu'elle parle. Les femelles savent parler aussi, d'après la rumeur, elles parlent même plus que les mâles.
-Que dit elle ?
-Je ne sais pas. Je pense qu'ils appellent cela une prière.

Ils parlaient avec un accent étrange, ils plaçaient des aspirations au milieu des mots, ils semblaient ajouter des h un peu partout. Comme « pahrler, vouhlons », et ponctuaient les mots de légers sifflements.

L'un d'eux déboutonna mon chemisier.
Je gesticulais, hurlais, pleurais,

-Ne me faites pas de mal, ne me mangez pas, pitié.
-Nous ne voulons pas vous manger.
-Alors ne me disséquez pas.
-Disséquer : autopsier, découper..
-NON !
-Pas la peine de vous ouvrir le ventre. Cette table nous permet de recueillir toutes les données de votre corps. Température, poids, rythme cardiaque, ponte ovulaire, bol alimentaire..
-Pourquoi m'allonger sur cette table.
-Parce que vous faisiez un malaise.
-Qui êtes vous, que me voulez vous ? Je veux rentrer chez moi !

Je pleurais.

-Calmez vous, nous allons vous emmener dans notre salon de réception. Une loi inter galactique nous interdit de manger une espèce autochtone, même semi cognitive.
-Pour vous rassurer et vous prouver que nous ne vous racontons pas de...
-Bêtises, conneries, mensonges..
-Vous avez vingt huit ans terrestres, quatre mois et seize jours et trois heures, mais votre âge cellulaire est de vingt quatre ans et trois mois, félicitations. Vous mesurez un mètre soixante et onze, pour soixante et un kilo, votre prochaine ponte ovulaire aura lieu dans exactement dix jours trois heures et six minutes, que vous venez de manger des courgettes à la provençale avec un rosé des Corbières et que votre tour de poitrine est de quatre vint onze centimètres et le tour de hanches de quatre vingt quinze et le tour de taille de soixante. Alcoolémie 0,2 g. pression artérielle : 12/7. pulsations cardiaques 95/ mn, certainement la peur. Attention tout de même à la charcuterie.
-Tout cela sans vous découper.

Ils m'aidèrent à me mettre debout et à marcher en me soutenant. Peu de temps, un petit salon agréable se situait juste à côté du labo.
Je me suis affalée dans un fauteuil profond. Ils me donnèrent un grand verre de je ne sais quoi, mais c'était délicieux ! Et surtout très fort !

-Nous vous devons des explications. Nous venons d'une autre planète comme vous vous en doutez, nous la nommons Zlagouille. Située dans ce que vous appelez la constellation du Grand Chien. Nous sommes des étudiants. Nous devons réaliser une thèse de fin de cycle sur une planète habitée primitive. Des élèves viennent régulièrement sur votre terre. Zlagouille a l'exclusivité pour votre monde. Nous visitons quatre autres planètes de même type.
-Nous allons nous présenter. Je me nomme Zourglim, exobiologiste, Zamboum est linguiste, Zami botaniste et Zoot ethnologue.

Ils me regardèrent, voulant sans doute officialiser les présentations.
-Amélie, secrétaire médicale, dis-je d'une petite voix.
-Hamélie ? Nous venons sur notre planète tous les vingt ans zlagouilliens, soit sept ans terrestres environ. Et cette fois nous sommes tombés sur quelque chose de nouveau. Toute la planète semble prise de frénésie. De grands rassemblements avec des oriflammes agitent beaucoup de pays, dont le votre. Nous voulions savoir ce qu'il en est, est ce religieux ?

Il alluma un écran, et je vis, ébahie des stades de foot Brésiliens.

-Des milliers de fidèles se réunissent dans ces temples, agitant des pavois et psalmodiant des hymnes.

Je fuis le domicile conjugal pour échapper à la coupe du monde de foot et je tombais sur des extraterrestres qui me demandaient des renseignements sur cette même foutue coupe du monde. Je me sentais devenir folle.
[Suis-je maudite ?]

-Vous n'allez vraiment pas me faire de mal ?
-Mais non ! Ces histoires d'enlèvement et d'expériences ont été inventées de toutes pièces par des habitants de votre planète. Ils se disent enlevés par nous alors qu'ils sont juste allés..

-Faire l'amour, tirer un coup, se dégorger le poireau, répond Zamboum en feuilletant ses notes, où l'on voit un couple en pleine activité.
-..Chez un amant ou une maîtresse. C'est juste un alibi. Nous ne sommes que des étudiants, des scientifiques, pas des guerriers.
-D'ailleurs ajoute Zami, qui prend la parole pour la première fois, une enquête a été menée par l'I.G.P.S, Institut Galactique de Police Spatiale. Aucune de toutes ces élucubrations n'a été confirmée.
-Il y a quand même cette histoire de sonde anale.
-Lamentable erreur. De mon oncle je l'avoue. Il faisait sa thèse avec ses collègues sur un pays nommé États Unis d'Amérique. Il a voulu vérifier si les habitants étaient naturellement gros ou gonflés d'air. Il a « invité » un habitant et lui a enfoncé une caméra dans..

Une paire de fesses se matérialise devant nos yeux.

-Le rectum, le fion, le popotin, l'anus, le troufignon, le fondement..
-La honte pèse encore sur notre famille.
-Pourquoi la deux chevaux, la voiture ?
-Pour passer inaperçus, incognito. Les premières missions d'études flanquèrent la panique, nos prédécesseurs venaient avec ce que vous appelez des soucoupes.
Nous avions demandé une Porshe, mais restrictions budgétaires oblige, ils nous ont fourgué cette antiquité. Pour en revenir à notre sujet ?
-Pourquoi j'arrive à vous comprendre ? Vous êtes télépathes ? Je vous comprend par l'intermédiaire d'ondes psychiques ?

Je faisais traîner le moment de l'explication, ils allaient se rendre compte que je n'y connaissais rien en sport et me jeter dans le vide comme une vieille chaussette.

-Non, nous parlons simplement votre langue. Nous subissons lors du trajet un calibrage cérébral, qui nous enseigne l'idiome de la région. Le Français en ce qui vous concerne.
-Pour notre sujet..
-Vous avez dit loi inter galactique, il y en a d'autres que vous ? Des habitants ?
-Oui, des Antariens, des Rotuliens, des Quarks et j'en passe.
-Et... Ils vous ressemblent ?
-Pas tout à fait, mais dans l'ensemble, les habitants des planètes de la Communauté Galactique sont Zlagouilloïdes, ou Humanoïdes comme vous dites. Les Quarks ressemblent à vos ratons laveurs, les Vrrl à des félins..
-Pour en revenir à notre sujet, sont ce des manifestations religieuses ?
-Non, non, quoique parfois chez certains cela y ressemble. C'est juste un sport. Le football.
-Sport ?
-Oui, un jeu.
-Jeu : divertissement, amusement..
-En gros, des pays s'affrontent pour la gloire et surtout l'argent. Par l'intermédiaire de joueurs. Les meilleurs joueurs de chaque pays sont sélectionnés dans leur équipe. Les gens avec des drapeaux sont des supporters. En règle générale ils sympathisent entre eux, sauf quand ils picolent trop.
-Donc ce n'est pas une religion, intervient le dénommé Zoot. Les religieux exècrent les religions des autres et tout se termine en génocide.
-Oui, il y a du vrai dans ce que vous dites.
-Chez nous plus de religions. Il y a de cela quelques milliers d'années, nous étions répartis en plusieurs tribus. Les Zlagouilliens des falaises, ceux des marais, des forêts... des castes de religieux nous disaient ce qu'il fallait faire, surtout détruire les autres peuplades qui ne croyaient pas aux mêmes dieux que nous. Jusqu'à ce que de grands philosophes nous ouvrent les yeux. Les prêtres avaient tort.
-Nous les avons bouffés.

Je poussais un cri d'effroi, de nouveau terrorisée.

-Mais non, c'est de l'humour !
-Humour : dérision, rire, plaisanterie.
-Nous les avons mis dans une navette spatiale, et envoyés vers notre soleil. Comme ils ne sont pas revenus, leurs dieux ne les ont pas sauvés, conclusion : pas de dieux.
-Transformés en brochettes.

Je les regardais, étonnée. J'en apprenais autant sur eux qu'eux sur moi.

-Que se passe t-il ensuite, me demande Zourglim, curieux. Pour le foot ?
-Deux équipes de onze joueurs s'affrontent, le but du jeu étant d'envoyer une balle dans la boite de l'adversaire. Celui qui en met le plus gagne.
-Il y a tout de même un prêtre. Un petit homme qui court partout avec un sifflet.
-Lui c'est l'arbitre. Tout le monde lui en veut.


Les quatre étranges personnages buvaient mes paroles. J'en profitais pour les observer en douce.
Pas de système pileux, le front un légèrement fuyant, des yeux aux iris fendus et surtout indépendants, le nez peu proéminent avec des narines apparentes allongées et fines. Ils pouvaient passer inaperçus dans une foule, un peu étranges certes, mais pas plus que certains humains.
Je sursautais en voyant Zoot se passer la langue sur ses lèvres fines. Sa dentition présente un petit interstice au centre. Je vis sa langue en sortir. Une longue langue bifide.
J'ai toujours été terrorisée par les serpents.

Zoot vit mon sursaut et mon effroi.
-Nous sommes selon vos critères des lézards. Insectivores et frugivores. Nos ancêtres grimpaient aux arbres ou aux falaises pour chasser.
-D'ailleurs regardez, me dit Zamboum.

Il me montra ses doigts. Longs, fins, avec un pouce opposable et.. ils possédaient six doigts !
Il prit son verre, le serra, puis le relâcha. Le verre tint tout seul dans sa main.

-Des ventouses !!

J'étais encore plus terrorisée par les bestioles à ventouses que par celles qui rampent.

-Mais non, l'extrémité de nos doigts est faite de très fines lamelles constituées de poils que nous pouvons resserrer et relâcher à volonté. Nous pouvons grimper au murs. Les filles de chez nous marchent même aux plafonds, elles sont moins lourdes que nous il est vrai.

Pour me réconforter, il me resservit un verre.

-Du Vasykonrigol. Une boisson Antarienne. La fabrication d'alcool est une de leur spécialité aux Antariens. Mais il ne faut pas en abuser, il a des effets secondaires étonnants.

Sous l'effet de l'alcool et de la gentillesse de mes kidnappeurs je me calmais.

-Si nous mangions ? Propose soudain Zami.

Il n'en fallait pas plus pour me faire flipper de nouveau. Je me voyais en tant que plat principal.

-Nous allons faire une recette mi Zlagouillienne, mi Terrienne, en l'honneur de notre invitée, propose Zoot. Une tourte aux criquets, tomates et poivrons, relevée d'une goutte de venin de crotale.

Cris de joie de l'assistance, excepté moi. J'avalais d'un trait mon verre pour me donner du courage.

Pendant que nous mangions cette chose croustillante, nous regardions un match sur un des écrans géants. Je dus commenter la rencontre. Moi qui faisait à peine la différence entre le football et la pétanque.

La tourte aux criquets n'était pas mauvaise tout compte fait ! Et surtout mon verre de Vasykonrigol ne restait jamais vide très longtemps.

À la fin du match je m'étirais, le ventre plein et l'esprit un peu embrumé.
Zourglim me regarda.

-Vous êtes très jolie, même pour une terrienne, me susurra t-il, en me caressant les cheveux.
-Merci, vous zêtes pas mal hon plus pour un extraterrestre !

Il caressais mes cuisses, le salopiot. Je frissonnais, la texture de ses doigts étant étonnante.
Je tentais de me ressaisir. Je me faisais draguer par un extra-terrestre !

-Yfôpas, je suis mariée, et nous ne sommes pas du même univers ?
-Il y a eu des précédents, et même des naissances.
-Has hossible !
-Michael Jackson, ça ne vous dit rien ?
-Non ? Has hossible !

J'éprouvais des difficultés à articuler. J'étais ronde.

-Nos compagnes ne pondent pas mais mettent aux monde de petits bambins, comme sur terre. Nous sommes vivipares
-Faire l'amour avec une terrienne est un de nos plus grand rêve, elles sont réputées pour leur beauté à travers toutes les universités de la galaxie, ajouta Zami.
-Yfôpas, répétais-je sans conviction.
-Vous n'y croyez pas vous même, me répondit Zourglim, en déboutonnant mon chemisier. Vous en rêvez un peu aussi, avouez le.
-Ne vous inquiétez pas, les Zlagouilliennes sont autant portées sur les expériences avec des mâles terriens que nous avec des terriennes.

En deux temps trois mouvements je me retrouvais à moitié nue.
Et là ! Explosion sensitive.
Des doigts pleins de scansors me pétrissaient le sein droit tandis qu'une langue bifide prenait possession de mon téton gauche.
Il était capable de le serrer entre les deux pointes de sa langue. Il étais plus agile avec sa langue que beaucoup d'hommes avec leurs doigts.
Sans m'en rendre compte je perdis ma jupe et mon slip.

J'étais délicieusement assaillie par quatre Zlagouilliens pleins d'idées salaces.
Ce qu'ils faisaient à mes tétons, ils le firent à ma chatte.
J'étais impudiquement allongée sur ce grand fauteuil, les jambes écartées.
Mon petit bourgeon décalotté se faisait triturer par une langue diabolique. Il se dressait tel le pain de sucre à Rio, tout heureux d'être à telle fête.

Je me sentais partir, tomber dans les pommes tellement c'était bon.
Mais je n'avais pas encore tout découvert.
De doux doigts écartèrent encore plus mes lèvres, très délicatement.
Une autre langue pénétra dans mon vagin. Elle y remua et y mena une sarabande effrénée, fouillant d'un côté et d'autre mon intimité, y trouvant des points sensibles dont j'ignorai l'existence . Mon cœur battait à deux cents à la minute. Je me disais qu'il ne pouvait y avoir mieux.

Erreur. Le quatrième larron s’intéressa à mon anus et y mena la même activité que son collègue dans mon minou.
Mon corps se tétanisa, s'arqua et se tendit. Je ne pensais pas pouvoir jouir avec une telle intensité et aussi vite.
J'en sortais essoufflée, ébouriffée, en vrac !
S'il vous plaît, qu'on me ramasse à la petite cuillère.
Je dégoulinais de partout. J'avais la praline en délire.

Les yeux fermés je goûtais l'extase présente.
Des bruits feutrés me sortirent de mon ébahissement.
Suite logique des choses, face à moi, quatre Zlagouilliens nus comme des lézards me fixaient avec envie.

En retour je fixais émerveillée quatre Zlagouilliens nus.
Qu'ils aient une peau lisse et luisante comme un métal précieux, pourquoi pas.
L'un semblait doré, deux autres gris acier, le dernier avec des reflets verts.
Leurs muscles pectoraux et abdominaux qui se dessinaient et roulaient sous leur derme me séduisaient.

Que dire de ce que je vis entre leurs jambes. Les Zlagouilliens n'étaient pas bifides que de la langue !
Devant mes yeux écarquillés huit belles verges se dressaient fièrement.
Zamboum spécifierait : verges, bites, phallus, quéquettes..

Ce n'étaient pas des monstruosités, des choses énormes, non, j'ai connu des hommes bien mieux équipés, mon mari par exemple.
Les dimensions ne m’impressionnaient pas outre mesure, longues mais pas très épaisses.
Mais là, il y en avait deux pour le prix d'une !
Dessous, des petits sacs de peau pendouillaient.

J'étais toujours allongée sur le dos les jambes en l'air.

Zourglim s'approcha et s'allongea sur moi. Je le laissais faire.
Je ne cessait de me répéter :

-Pardon mon chéri, mais il y a des choses qui ne peuvent pas se refuser. Je ne te trompe pas, je participe à une expérience scientifique et établis des relations diplomatiques !

Je senti sa « première » queue se poser à l'entrée de ma bonbonnière. Qu'allait-il faire de la seconde ?
Il me souleva les cuisses et je senti son second organe se positionner sur mon petit trou.
Avant d'avoir pu dire quoique ce soit, de m'être psychologiquement préparée, il me pénétra, doucement, avec délicatesse.
J'ouvris grands les yeux, la bouche aussi. Je venais de recevoir ma première double pénétration, avec un seul individu qui plus est.
Et aussi ma première sodomie par la même occasion.

Là où un humain se fût agité, m'eut bousculée, m'eut bourré le ventre, mon partenaire ne bougeait pas.
D'abord étonnée je m'apprêtais à lui demander ce qu'il attendait. Mais ma question se figea dans ma gorge.
Ses appendices sexuels remuaient en moi. Je ne voyais que cette explication. Je les sentais bouger, gigoter dans mon cul et mon ventre, toutes seules.
La sensation en était étonnante, somptueuse, merveilleuse, que sais je encore.
Ses queues me titillaient l'intérieur. Je gémissais en continu.
Il me faisait des points d’acupuncture vaginale. Il venait de trouver mon point G. Je me sentais fondre et exploser en même temps. J'étais certaine qu'avec le point G, il avait aussi trouvé le F et le H.
Que dis-je, il récitait tout l'alphabet.
D'autant que dans mon cul son autre sexe menait la sarabande.
Je poussais un long hurlement de louve en rut, le cri de la louve à la lune.
Je ne savais pas s'il avait jouit lui aussi, s'il avait déversé de potentiels M. Jackson dans mon ventre, mais il se retira, non sans m'avoir léché les sourcils.

Je restais en vrac sur le canapé.
Zami s'approcha et me prit tendrement dans ses bras. Il me fit asseoir sur lui, le dos contre son torse. Ses verges ou quoique ce soit frétillaient et entrèrent facilement. Il attrapa mes doudounes et fit rouler ses doigts dessus. Ses phalanges pressaient et relâchaient ma poitrine, qui semblait aspirée. Sa langue dessinait des arabesques à la base de ma nuque en une douce caresse.
Les trois autres sbires profitèrent de la situation et de ma position.
Mes tétons furent saisis par deux langues préhensiles alors que le troisième larron me faisait vibrer la virgule. Il écarta ma petite parenthèse enchantée de ses doigts délicats et vint enrouler une pointe de sa langue autour de mon petit bourgeon, alternant pressions et relâchements. L'autre pointe me le caressait. Ils semblaient capables de faire plusieurs choses à la fois avec le même organe !
Leurs mains me tripotaient, me frôlaient, me palpaient. Toutes mes terminaisons nerveuses étaient sollicitées.
En deux minutes je partis en vrille. Hurlant des :
-Arrêtez, c'est trop !
-Continuez, je vous en supplie !
-Encore encore !

Je n'allais pas pouvoir supporter cela bien longtemps. Peut on mourir de trop d'orgasmes ?

Un petit verre de Vasykonrigol me requinqua un peu.
Ils ne pouvaient pas faire plus.

Eh ben si !
Je croyais avoir des hallucinations. Zami s'approcha de moi, ses appendices semblaient tressés. Ses deux sexes ressemblaient maintenant à un toron.
Zoot le suivait dans les mêmes dispositions.
Ils n'allaient quand même pas..
Si ! Zoot me prit dans ses bras, me souleva et posa mon bienheureux minou sur son paratonnerre. Derrière moi Zami enfila la sienne dans mon anneau de Saturne. L'ensemble semblait plus gros, mais le tout entra quand même sans difficulté, et se mit à y gigoter.
Une pensée saugrenue me traversa l'esprit. Pouvait on dire que je participais à un quadrille ?
Je crois bien n'avoir jamais autant crié de toute ma vie. Et je ne le regrettais pas. Quel pied !

Je restais avachie dans le canapé, un sourire béat aux lèvres, enfin, à la bouche.
Moi qui n'avait jamais trompé mon mari, qui n'avais connu que deux hommes dans ma vie, je venais de me rattraper. De quelle façon !
Je devais apprendre plus tard que cette façon de procéder était la plus appréciée des Zlagouilliennes.
Et puis, à bien y réfléchir, tromper son mari avec un Zlagouillien, ce n'est pas vraiment tromper.
Avec quatre non plus.

Mes quatre amants stellaires s'affairaient autour de moi. Ils me léchaient ! Glissaient leur langue partout sur mon corps, sur mes seins, dans ma petite toison de jais, sur mes paupières, derrière les oreilles, sous les bras. Et bien entendu, sur ma chatte repue.

-Que faites vous ? Je n'en puis plus. Mon triangle des Bermudes vient de subir un tsunami.
-Hamélie, sais tu que nos langues sont des récepteurs sensoriels d'une extrême sensibilité et complexité, outre détecter la chaleur, les odeurs, nous pouvons grâce à elle définir plus de trois cents mille substances différentes rien qu'en goûtant.
-Que les terriens sont les seuls êtres connus dans la galaxie capables de transpirer.
-La sueur d'une femme qui vient de prendre son plaisir est la substance la plus merveilleuse qui soit à notre palais ?
-Et je dois te dire, ajoute Zoot, que tu possèdes un grain de peau et une transpiration d'une rare sensualité. Tu es un nectar, tu dégages une telle profusion de phéromones et d'hormones que tu nous enivres, telle un grand cru millésimé.


Je me touchais le bas du ventre et m'étonnais.

-Vous n'avez pas..
-Si, mais nous pouvons stocker nos spermatozoïdes dans une spermathèque. Nous ne voudrions pas que tu te retrouves avec un petit Zlagouillien dans le tiroir !
-Une spermathèque ?
-Oui, cette poche sous nos..
-Zizis, zigounettes, phallus, manches à balais, pines.. dit Zamboum en consultant l'hologramme d'un sexe masculin en érection.
-C'est un moyen que nous avons pour disserter des galaxies avec une Zlagouillienne sans avoir à en rendre compte à un papa ou un mari !

Décidément j'étais tombée sur de véritables gentilshommes poètes. Je ne sus jamais comment se disait gentilhomme en Zlagouillien.
Spielberg, Lucas et autres pouvaient aller se rhabiller. Vous n'y connaissez rien en extraterrestres. « La guerre des étoiles » ? je venais d'obtenir les étoiles sans la guerre.
E.T ? Il pouvait aller se faire voir avec son petit doigt qui..
Il fallait que je vérifie, peut être qu'elles s'illuminaient dans le noir ?

J'étais totalement ronde, car je partis d'un gigantesque fou rire, qui inquiéta même mes kidnappeurs.
Une pensée saugrenue venait de me traverser l'esprit.
Je venais pour la première fois de voir de véritables Bi-Stouquettes !

Je pris une douche aux ultra-sons et m'écroulais sur le lit que mes hôtes m'avaient réservé.


À mon réveil, Zamboum m'apprit que j'avais dormi vingt huit rotations, soit quatorze heures !

Je mourais de faim.

Je restais un mois avec eux dans ce vaisseau spatial. Équipé de toutes les fonctionnalités.
Mes quatre ravissants ravisseurs me le firent visiter.

Salle de sport.
Une pièce d'observation des étoiles.
Pendant que mes amis vaquaient à leurs occupations, descendant sur terre pour étudier je ne sais quoi, je passais des heures à regarder ma planète, allongée dans un transat en écoutant de la musique Zlagouillienne. Le pied !
Parfois l'un d'eux venait me masser le dos. Se faire masser par douze doigts agiles en regardant l'univers est resté une des expériences les plus fantastiques que j'ai vécues avec eux.
Ils commençaient par les chevilles, remontaient lentement les mollets, s'arrêtaient sur mes genoux, puis s'égaraient sur mes fesses. Ils y faisaient une longue pause. Surtout que ces massages s'accompagnaient de caresses linguales délicates.
Lorsqu'ils arrivaient sur mes épaules, je dormais, épuisée.
Ils aimaient tout autant me masser le côté pile que le côté face, je n'y voyait aucun inconvénient.

Une salle de communications, permettant de capter les émissions terriennes et de contacter Zlagouille complétait l'équipement technique. Ils n'étaient que quatre, pour manœuvrer ce vaisseau entièrement automatisé.
Les Zlagouilliens étant de fines gueules, le vaisseau possédait une cuisine très bien équipée. Je faisais la tambouille avec eux, mélangeant les recettes Françaises et de chez eux.
Je ne pu cependant jamais donner à mes amies ma recette du confit de blattes ou du gratin de termites.
Mes charmants hôtes vivaient nus, j'en faisait autant. Nue dans l'espace, même Kubrick ne l'aurait pas imaginé.
Un jour que j'épluchais des scarabées Pique-Prune, j'interrogeais mes hôtes sur quelque chose qui me turlupinait.

-Comment se fait il que nous marchions normalement ? Quand je vois des images de la navette spatiale, ils flottent partout ! En apesanteur.
-Je m'étonnais que tu ne t'en inquiétât point, me répondis Zami.
-Notre vaisseau possède un G.O.U.M.I. Autrement dit un créateur de gravité artificiel.
-La gravité sur Zlagouille est un peu plus élevée que sur terre, mais à peine. De même que l’atmosphère est pratiquement identique. Tu peux respirer sans problème.
-Et personne ne vous a jamais repéré ?
-Impossible, nous sommes équipés d'un LUBOV, qui efface les ondes et les images radars. Nous sommes invisibles. À moins qu'un abruti ravitaillant la station spatiale ne nous percute, mais la possibilité en est extraordinairement faible.

Nous ne refîmes pas de suite une bacchanale comme le premier soir.
Il ne se passait cependant pas une journée sans que je partage la couchette de l'un ou l'autre.
Je ne me sentais pas trop d'attaque pour pratiquer une fellation, me sentant bien en peine de choisir l'une ou l'autre des.. stouquettes. Je me suis laissée aller, à de rares fois, à pratiquer un soixante neuf. Tandis qu'une langue bifide m'explorait les entrailles, je tentais désespérément d'attraper une bébête qui remuait tout le temps. Cette pratique n'est pas usitée dans la bonne société Zlagouillienne. Je comprenais pourquoi.

Il me firent goûter aussi au sexe en apesanteur. Dans une salle spécialement aménagée, je ne possédais plus de point d’appui. Je tournoyais empalée sur une ou deux verges, ne sachant plus si j'avais la tête en bas ou en haut, je découvrais aussi que l'absence de pesanteur décuple les sensations. Une histoire de circulation sanguine paraît-il.
La NASA n'en a jamais parlé. Je suis sûre que les astronautes ont du faire des expériences, c'était trop tentant ! Les Ricains, toujours à s'offusquer d'une histoire des fesses, jamais les derniers à s'en régaler. Des puritains libidineux !

Détail amusant, je les étudiais moi aussi. Leur sexe semblait tout à fait étonnant. Il était télescopique. Tout petit au repos, il se dressait lorsqu'ils subissait une excitation. Lorsqu'ils voulaient pratiquer, de petits éléments semblaient s’emboîter. Ce qui expliquait leur souplesse.
J'ai appris le Kâmasûtra version Zlagouille.
Ils me racontèrent que des textes de loi intergalactiques interdisaient d'avoir des relations avec des autochtones.
Mais, que voulez vous, la nature étant ce qu'elle est, on ne peut envoyer des être vivants dans l'espace plusieurs mois sans que certains besoins se fassent sentir.
Le président de l'université fermait les yeux, il suffisait de rester dans les limites du raisonnable.
Je fut contente de savoir que j'entrais dans les limites du raisonnable !

-Les Zlagouilliennes sont pires que nous. Les mâles qui ressortent d'entre leurs pattes en gardent de graves séquelles.
-Ah oui ?
-Marilyn Manson, Sylvio Berlusconni ? Tu connais ?
-Nooon !
-Si ! Et aussi Georges.W.Busch. Il a raconté partout qu'il avait rencontré Dieu. Ce sont des Zlagouilliennes qu'il a croisé.
-Ce ne serait pas plus simple d'envoyer des équipages mixtes, non ?
-Ça a été tenté, une fois. Il n'y a pas eu d'étude cette année là. Trop occupés à..
-Pourquoi venez vous régulièrement visiter notre planète ?
-Pour enseigner nos enfants. Pour leurs montrer toutes les conneries qu'il faut éviter. Erreurs politiques, écologiques. Vous êtes des experts. En beaucoup de choses d'ailleurs, me répondis Zamboum en me caressant la joue.
-Pourquoi vos noms commencent tous par des Z ?
-À cause de nos langues, c'est un défaut de prononciation sur les sifflantes, me certifia Zamboum en forçant sur les S.


Lors de l'une de nos conversations, alors que nous discutions dans le salon, je posais LA question qui me brûlait les lèvres et devait brûler celles de beaucoup de terriens dans de telles circonstances :

-Les Bogdanoff, ils ne seraient pas un peu Zlagouilliens ?
-On sait pas d'où ils viennent. Même pour les Rotuliens ils paraissent bizarre ces deux là.
-Selon la rumeur, ajoute Zoot, des Antariens seraient venus en goguette sur Terre et auraient confondu une terrienne avec une femelle orang-outang. Cela sous le sceau du secret, les Antariens sont tellement susceptibles.

Nous regardions tous les match de football de la coupe du monde. J'eus une pensée émue pour mon chéri en voyant l'équipe de France se faire éliminer.
J'essayais de leur expliquer les règles de ce sport. Je faisais de mon mieux, rassemblant les vagues souvenirs issus de conversation avec mon mari.
Hors-jeux, penalty, coup franc, faute, corner. Je tentais de remplir mon rôle de consultante.

Assise entre mes amis nous regardions l'Allemagne battre l'Argentine, enfin, nous tentions de regarder, car ils n'arrêtaient pas de me chatouiller, de me caresser. J'avais la tête posée sur une épaule, les fesses sur des genoux et des mains un peu partout.
Lors de la remise de la coupe nous pratiquions un échange inter-galactique.
Ils venaient de décréter que la coupe était mon corps.
Ils le célébraient et l'embrassaient, sans oublier de revérifier si mes pertuis fonctionnaient bien !
Un sexe bifide dans l'arrière train, une langue dans la timbale et des doigts sur les tétons. J'explosais en rafales.

Comme toute les bonnes choses, celle ci eut une fin.
La mort dans l'âme mes quatre amis m'annoncèrent que leur période de stage se terminait en même temps que la compétition, ils s'en repartaient sur Zlagouille. Cela faisait plus d'un mois que je vivais avec eux.

Je les quittais en larmes, qu'ils s'empressèrent de déguster.
Le quinze juillet je reprenais la deux chevaux. Ils ne voulaient pas prendre le risque de se faire abattre par une fusée de feu d'artifice de la fête nationale.

Ils me déposèrent à deux cents kilomètres de chez moi.

Des gendarmes me retrouvèrent, errante, sur le bord d'une route.
C'est comme cela que j'appris que des recherches monumentales avaient été lancées en mon honneur. Une voiture vide sur le bord de la route inquiète toujours les maris.
Je fut transportée à l'hôpital, où je subit nombre d'examens.
Au grand étonnement de la gent médicale je me portais comme un charme, ayant même pris un peu de poids.
Une seule solution pour moi. Faire l'idiote amnésique.
Si je racontais aux gendarmes, à un psychiatre ou pire, à mon mari que je venais de passer un mois à me faire astiquer les méandres, à faire la cuisine et à parler foot avec des extraterrestres, je me retrouvais chez les fadas pour un bon bout de temps.

Je repris ma vie d'antan, avec d'agréables souvenirs, une fréquente envie de faire l'amour, ce qui ne déplaisait pas à mon mari, et une irrépressible envie de rire à chaque fois que je voyais les Bogdanoff, Georges Bush ou Berlusconni à la télé, ce qui ne manquait pas d'étonner mon mari.

~~~

Deux ans ont passés depuis ces événements.
Aujourd'hui débute le championnat d'Europe de Football en France.
Je reviens du super-marché du coin copieusement approvisionnée en bières, rosé, merguez et godiveaux.
Avec des graines aussi. Pour Olivier, notre coq. Ils se nomme Olivier car je trouve qu'il a la même coupe de cheveux que l'avant centre de l'équipe de France.

Mon mari a invité ses copains. C'est le match d'ouverture.

Arrivée dans la cour, je reconnais les voitures de nos amis, mais aussi deux somptueux véhicules. Des Tesla. Je le sais, c'est écrit dessus.
Sur la terrasse j'entends beugler

-Mais ils sont oùùù, mais ils sont oùùù les Espagnols !

La réserve de rosé doit déjà être fortement entamée.
Dans la cuisine je croise mon mari, bien allumé.

-Ma chérie doudou, tes amis sont là, tu sais, ceux qui t-on retrouvée il y a deux ans. Sont ouachement sympas.

Le rosé fait son effet.
Mais qui sont ces amis ? Ce sont les gendarmes qui m'ont retrouvée.
Je lâche dans un grand fracas mes bières et saucisses, car dans la cuisine viennent d'entrer Zourglim et Zoot, une perruque tricolore sur la tête.

-Hamélie, nous sommes venus te dire bonjour.
-Bonjour : salutations, coucou, hello, salut.. ajoute Zamboum qui suit.
-Nous voulons juste prendre de tes nouvelles. Comment vas tu ? Me demande Zami.
-Bien, très bien même.
-Tu es toujours aussi belle !
-Vils flatteurs.
-Pas de soucis avec les forces de l'ordre ? Ton mari ?
-Aucun.
-Et..sexuellement ?
-Bien aussi, très bien, même que je suis devenue insatiable. Mon mari ne s'en plaint pas mais il peine, le pauvre !
-Je m'en doutais. C'est un des effets secondaires du Vasykonrigol. À fortes doses, comme toi tu as reçues, ces effets deviennent permanents. Aussi t'avons nous apporté quatre bouteilles. Pour ton mari. C'est efficace aussi pour les hommes, plus que votre viagra, moins dangereux pour la santé et meilleur au goût.
-Ho, merci. Vous êtes des choux.
-Mais nous sommes là surtout pour t'annoncer une grande nouvelle. Nous avons fondé la Fédération Inter galactique de Football Astral. La F.I.F.A. Nous détenons tous les droits de retransmissions.
-Nous sommes quatre actionnaires et détenons quatre vingt pour cent des parts.
Les deux voitures que tu as vues dans ton jardin, c'est ça !
-C'est génial, je suis contente pour vous.

-Attends ce n'est pas tout. Nous te devons notre réussite, ainsi avons nous un cinquième associé. Toi !
-Moi ?
-Oui, nous avons un cadeau pour toi.
-Cadeau : Présent, offrande, obole,

Ils me donnent alors un modèle réduit de leur vaisseau spatial. « Le Phouphounon », bien reconnaissable avec ses deux propulseurs à ionisation sphériques à la base, son long fuselage cylindrique, et son cockpit bulbeux au sommet. Cette reproduction mesure environ 50 cm de long et 10 de diamètre.
Je suis contente, mais je ne vois pas ce qu'il y a d’exceptionnel dans ce bidule.

-Le Phouphounon était le vaisseau de l'université. Celui là c'est le nôtre, le « Hamélie », rectifie Zoot.
-Ouvre le ! Me disent-ils.

Je dévisse le sommet, et je découvre l’exceptionnel.
Le bidule est rempli de diamants.

-Bienvenue, partenaire !

Je pleure dans les bras de ces étonnants personnages.

-Attends toi à nous voir régulièrement, pour t'amener tes dividendes.

Nous retournons dans le salon.
J'ai toutefois planqué le Vasykonrigol, je ne tiens pas à faire les frais de ses effets secondaires si j'en fais boire à toute la troupe.

C'est le début du match.

-Qui ne saute pas n'est pas Français. Ouais !

Quelques temps plus tard.

-Arbitre, pourri ! Hurle mon mari.
-Arbitre : enculé, sodomite, empaffé..
-Ils sont vraiment sympa tes copains !

Grâce à mes dividendes, je vais pouvoir lui payer un billet pour la finale.

Vers une heure du matin, les invités de mon mari ronflent dans le séjour, dans un état incompatible avec la conduite.

Je suis allée me changer, passer une nuisette.
Lorsque tous les humains dorment à poings fermés, mes Zlagouilliens, la mine inquiète m'entourent.

-Hamélie, nous voudrions te demander un service.
-Service : faveur, plaisir, bienfait.

C'est bien la première fois que je les vois hésiter, tendus, peu sûrs d'eux.

-Dites toujours.
-Nous t'avons nommée marraine de notre première compétition. Nous voudrions que tu sois notre invitée d'honneur sur Zlagouille, que tu en donnes le coup d'envoi.
-Tu n'en aurais pas pour longtemps, deux mois tout au plus. Trois jours pour y aller, trois jours retour, et six semaines en temps standard terrien pour assister aux matchs, faire un peu de tourisme, de shopping, t'amuser.
-Regarde, c'est notre équipe, ils t'ont choisie comme mascotte.

Il me montre une photo de onze Zlagouilliens en short. Sur le côté un gars en costume se tient raide comme la justice. Sa tête me rappelle vaguement quelqu'un.

-Il a l'air bizarre celui là.
-C'est l'entraîneur, c'est aussi le père de Ribéry.
-Je me disais aussi.

Je soupire, je ne peux pas laisser mon mari seul une nouvelle fois, le pauvre.
Je dois penser aussi à mon travail, je secoue tristement la tête.

-Désolée, je ne pense pas que ce soit possible.

Mes quatre gentils Zlagouilliens rejoignent leurs voiture, la tête basse, dépités.

Appuyée sur le chambranle de la porte, je les regarde s'éloigner, aussi triste qu'eux, honteuse de les décevoir.
Des remords m'assaillent. Je ne peux pas leur faire ça, au diable boulot et mari. De plus une telle occasion ne se représentera pas de sitôt, peut-être même jamais.
Je me dis aussi que que j'ai des devoirs envers la terre, en tant que seule et unique représentante humaine auprès de Zlagouille. Je suis ambassadrice, merde ! J'ai une fonction à respecter, un travail à assumer.

-Attendez, ne partez pas, ne partez pas sans moi !

Je me précipite à leur poursuite, certaine de ressembler à une idiote à courir et gesticuler ainsi en nuisette et en tongs.
Je me serre entre Zoot et Zami.

-Je n'ai pas de vêtements.
-Pour quoi faire, me réponds Zoot.

Tandis que les voitures s'élèvent, retentit un étrange chant :

-ET ILS SONT Oùùù LES ANTARIENS !!

Je dois bien avouer que j'adore les échanges diplomatiques avec les Zlagouilliens.


~~~


Note à Monsieur Spielberg : Les extrémités ne s'éclairent pas.
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Re: coupe du monde (texte proposé)

Message par Lioubov le Jeu 18 Aoû 2016 - 13:21

Coupe du monde


— Qui ne saute pas n'est pas Français ! Ouais !

Quelle bande de gamins ! J'avais épousé un gamin !
Mon mari et ses potes étaient dans le salon, une bière dans une main, des chips ou du saucisson dans l'autre. Ces andouilles sautaient devant l'écran. Ils s'étaient même déguisés : maillots, shorts, perruques tricolores et maquillage à l'unisson.

Ils me dégueulassaient toute la pièce. Et qui allait faire le ménage demain ? Amélie !
Ils avaient même osé l'inimaginable : un poulet se baladait sur la table du salon !

Le pire, le plus épouvantable, c'est que cette connerie allait durer un mois ! Un mois de cannettes à récupérer, de cochonneries à aspirer. Je ne pouvais même plus regarder un film ou une émission, ils squattaient la télé. Même lire un livre m'était impossible : ils gueulaient tellement que je ne comprenais plus ce que je lisais.

— Et y sont oùùù, et y sont où... les Espagnols ?

Et que je te remuais le postérieur en chantant. Ils allaient me ressortir la danse des canards d'ici peu.

Ça durait jusqu'à deux heures du matin, parce qu'en plus, comme ça se passait au Brésil, décalage horaire aidant, ils m'emmerdaient de dix-huit heures à deux heures.

Sur l'écran, les joueurs des deux équipes posaient pour la photo. Ceux du premier rang se penchaient en avant, les mains sur les genoux, sérieux comme des papes. Ceux du second rang, debout, avaient la mine réjouie. Il semblait que les seconds sodomisaient les premiers. Les cons !

— J'en ai marre, je me casse ; je reviendrai après la finale. Démerde-toi, mon champion.
— Mon doudou, ma chérie, où vas-tu ?
— Et elle va oùùù, et elle va oùùù, la chérie Doudou ?

C'en était trop : je récupérai les clefs de la voiture, mes papiers et une petite veste et je sortis en claquant la porte. Je n'avais aucune idée de l'endroit où aller, mais j'y allais. Chez ma mère ou ma sœur ? Impossible, elles habitaient Dunkerque.

Nous avions fait construire une jolie maison dans un petit village près de Quillan, malheureusement très isolé. Où aller ? Quillan ou Limoux à vingt-deux heures n'étaient pas particulièrement agités. Carcassonne, ce n'était guère mieux, même en été. Je ne pouvais même pas faire du lèche-vitrines, tout était fermé à cette heure.

Je roulais sans but précis. Il fallait d'abord que je me calme, sinon j'allais me retrouver dans le décor. Partie sur un coup de tête, je ne savais que faire, mais je ne pouvais rentrer de suite : ils en auraient été trop contents. Pas sûr pourtant qu'ils se rendissent compte de mon retour, pris qu'ils étaient par leur match.

Je traversais une vaste zone déserte ; dans la lueur de mes phares, je ne voyais que cistes, chênes verts, lièvres et papillons de nuit.
Je n'avais pas encore pris de décision quand ma voiture hoqueta.

— Tu ne vas pas me lâcher, ma vieille !

À peine avais-je prononcé cette phrase que les phares s'éteignirent, le tableau de bord itou, et le moteur s'arrêta en émettant un sifflement sinistre. La voiture roula encore quelques mètres sur son erre.
Un puissant rayon lumineux illumina mon vieux tacot, venant du ciel. « Merde, je ne vais quand même pas me faire enlever par des Martiens ? Quand ça veut pas, ça veut pas. Ça n'est vraiment pas mon jour. »

Je me revoyais, toute petite, regarder des émissions ou des feuilletons à la télé, qui parlaient d'hommes ou de femmes enlevés par des Étees, subir les plus immondes expériences, ou carrément se faire bouffer. Je m'accrochai au volant, tétanisée.
Un engin descendit et se posa sur la route, devant moi. Une soucoupe volante ? Que nenni : une deux chevaux Citroën, une bonne vieille deudeuche. « Qu'est ce que c'est que cette mascarade ? »

L'engin tressauta sur ses amortisseurs. Il me faisait face et m'illuminait de ses phares.
Une portière s'ouvrit. J'allais faire une rencontre du quatrième type, voir un extraterrestre.
« Maman, je vais mourir ! » Un gars tout à fait banal sortit de la 2CV, vêtu d'une salopette grise. Il flanqua un coup de pied dans le pneu de la bagnole. Toutes mes idées reçues s'envolaient. Des extraterrestres en salopette !

Il s'approcha de ma voiture. Il me semblait baraqué pour un Martien. La portière passager s'ouvrit elle aussi ; un autre être en sortit, un peu plus petit que le premier. Mais la théorie des petits hommes verts se cassait la gueule : les petits hommes verts étaient grands ! Et pas verts.
Je claquais des dents, des fesses aussi. Ils allaient me dévorer ou me faire subir les derniers outrages, m'enfiler des sondes partout, me découper en rondelles, m'enfoncer des tentacules gluants je ne sais trop où.

Le premier s'approcha, me fit un signe de la main. Il m'invitait à sortir. Ça y était : je venais de faire pipi dans ma culotte. Je secouai la tête avec la dernière énergie.

De plus près, il me semblait tout à fait normal. Peut-être la couleur de la peau, légèrement différente ; mais comme il commençait à faire sombre, impossible d'en être sûre. Il tendit le bras vers moi et ma portière s'ouvrit toute seule.
J'entretenais un tout petit espoir que ce fût une blague à la con ; mais là, non, impossible : j'avais verrouillé les portières de l'intérieur.

— Venez, me dit il.

Il possédait une voix grave au timbre légèrement métallique. L'autre E.T. tendit le bras et ma portière droite s'ouvrit. Pourquoi n'étais je pas restée à écouter les bêtises de mon mari et de ses copains ? Ma ceinture de sécurité se détacha d’elle-même. Sans que l'un des deux ne me touche, je fus extraite de la voiture.

— Venez, me répéta t-il, nous venons en paix.

« Ouais, Christophe Colomb a dit la même chose aux Indiens d'Amérique ! » Sans qu'ils ne posassent la main sur moi, sans que je ne me meuve, j'avançais vers la 2CV ; je lévitais. Si j'avais pu éviter de léviter… J'étais contrainte sans… contrainte.

La portière arrière de la Citroën s'ouvrit ; je me retrouvai assise sur le siège. Un siège tout à fait banal, en tissu et petits boudins en caoutchouc ! Un vieux siège de 2CV. Les deux gugusses remontèrent à l'avant ; un coup de contact, et la voiture quitta le sol.
J'essayai de réciter le Notre Père, mais je me mélangeais dans les paroles.

Je voyais à travers la vitre un énorme engin aux contours légèrement lumineux, bleutés, semblant animés d'une pulsation ; la lumière changeait de teinte toute les deux ou trois secondes, passant du bleu clair au plus foncé. L'appareil ressemblait à un long tube, une de ses extrémité terminée par deux protubérances globuleuses, l'autre côté par un renflement bulbeux muni d'une rangée de hublots, verticale. Je ne pouvais qu'estimer sa taille, n'ayant aucun point de comparaison. Je dirais cent mètres de long sur vingt de diamètre.

Une trappe s'ouvrit dans le ventre du monstre volant ; la 2CV s'y engouffra. De puissants phares éclairaient notre véhicule tandis que des bras à ventouses vinrent maintenir en place ses roues.
Deux autres personnages apparurent à l'extérieur, identiques à mes deux kidnappeurs. Ils étaient cependant vêtus de combinaisons blanches.

— Veuillez sortir du véhicule, je vous prie.

Le chauffeur, toujours aussi poli, m'ouvrit la portière. Tremblante, je descendis de la deudeuche volante.

— Qu'as-tu ramené de ta sortie, Zourglim ?

Un des assistants venait d'interpeller mon chauffeur kidnappeur.

— C'est une femelle : elle a deux protubérances caractéristiques sur le poitrail.

Un des êtres venus de l'espace tripota un petit cube d'où surgit un hologramme, lequel se matérialisa devant son visage, sans aucun support. Je vis la représentation d'une femme nue qui tournait sur elle-même ; sur les côtés, des annotations s'affichaient, des légendes écrites en un alphabet étrange. Une petite manipulation et l'image s'agrandit. Il zooma sur la poitrine et dit :

— Ce sont des seins. Ou nénés, lolos, nichons, roploplos.
— Merci, Zamboum.
— Tu crois qu'elle nous sera utile ?
— Oui, les femelles de cette espèce sont plus futées que les mâles. Plus courageuses aussi.
— Peut-être, mais elle s'est quand même pissé dessus.
— Le dernier mâle que tu as ramené a chié partout, de frousse. J'ai mis dix rotations pour tout nettoyer.
— Chié ?

Le dénommé Zamboum reprit son holocube, en sortit une autre fiche virtuelle, sélectionna l'image d'une cuvette de W.C.

— Chier : déféquer, caguer…
— C'est bon !

Je nageais en plein délire. Ces personnages discutaient entre eux de moi, et je les comprenais. Ils parlaient français. Je tremblais, mes jambes se dérobèrent.

— Elle fait un malaise ; vite, au laboratoire !

« Non, pitié, pas le labo ! » Ils m'allongèrent et me sanglèrent sur une sorte de civière et m'emmenèrent dans les profondeurs du vaisseau. Le brancard flottait, et moi avec. Notre étrange procession entra dans un gigantesque local, aux murs couverts d'écrans en tout genre ; des tables d'opération égayaient la salle…

— Mon chéri, mon amour, pourquoi t'ai-je quitté ? Mon chéri, mon amour, je te jure d'aimer le foot…
— Elle parle !
— Bien sûr qu'elle parle. Les femelles savent parler aussi ; d'après la rumeur, elles parlent même plus que les mâles.
— Que dit-elle ?
— Je ne sais pas. Je pense qu'ils appellent cela une prière.

Ils parlaient avec un accent étrange ; ils plaçaient des aspirations au milieu des mots, ils semblaient ajouter des « h » un peu partout, comme « pahrler », « vouhlons », et ponctuaient les mots de légers sifflements.
L'un d'eux déboutonna mon chemisier. Je gesticulais, hurlais, pleurais.

— Ne me faites pas de mal ! Ne me mangez pas ! Pitié…
— Nous ne voulons pas vous manger.
— Alors ne me disséquez pas !
— Disséquer : autopsier, découper…
— NON !
— Pas la peine de vous ouvrir le ventre ; cette table nous permet de recueillir toutes les données de votre corps : température, poids, rythme cardiaque, ponte ovulaire, bol alimentaire…
— Pourquoi m'allonger sur cette table ?
— Parce que vous faisiez un malaise.
— Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Je veux rentrer chez moi !

Je pleurais.

— Calmez-vous, nous allons vous emmener dans notre salon de réception. Une loi intergalactique nous interdit de manger une espèce autochtone, même semi-cognitive.
— Pour vous rassurer et vous prouver que nous ne vous racontons pas de...
— … bêtises, conneries, mensonges.
— Vous avez vingt-huit ans terrestres, quatre mois, seize jours et trois heures, mais votre âge cellulaire est de vingt-quatre ans et trois mois. Félicitations ! Vous mesurez un mètre soixante-et-onze pour soixante-et-un kilo ; votre prochaine ponte ovulaire aura lieu dans exactement dix jours, trois heures et six minutes. Vous venez de manger des courgettes à la provençale avec un rosé des Corbières. Votre tour de poitrine est de quatre-vingt-onze centimètres, le tour de hanches de quatre-vingt-quinze, et le tour de taille de soixante. Alcoolémie : 0,2 g. Pression artérielle : 12/7. Pulsations cardiaques : 95/mn ; certainement la peur. Attention tout de même à la charcuterie.
— Tout cela sans vous découper.

Ils m'aidèrent à me mettre debout et à marcher en me soutenant. Peu de temps ; un petit salon agréable se situait juste à côté du labo. Je me suis affalée dans un fauteuil profond. Ils me donnèrent un grand verre de je ne sais quoi, mais c'était délicieux ! Et surtout très fort !

— Nous vous devons des explications. Nous venons d'une autre planète, comme vous vous en doutez ; nous la nommons Zlagouille. Située dans ce que vous appelez la constellation du Grand Chien. Nous sommes des étudiants. Nous devons réaliser une thèse de fin de cycle sur une planète habitée primitive. Des élèves viennent régulièrement sur votre Terre ; Zlagouille a l'exclusivité pour votre monde. Nous visitons quatre autres planètes de même type.
— Nous allons nous présenter. Je me nomme Zourglim, exobiologiste. Zamboum est linguiste, Zami botaniste, et Zoot ethnologue.

Ils me regardèrent, voulant sans doute officialiser les présentations.

— Amélie, secrétaire médicale, dis-je d'une petite voix.
— Hamélie ? Nous venons sur notre planète tous les vingt ans zlagouilliens, soit sept ans terrestres environ, mais cette fois nous sommes tombés sur quelque chose de nouveau : toute la planète semble prise de frénésie. De grands rassemblements avec des oriflammes agitent beaucoup de pays, dont le vôtre. Nous voulions savoir ce qu'il en est. Est-ce religieux ?

Il alluma un écran et je vis, ébahie, des stades de foot brésiliens.

— Des milliers de fidèles se réunissent dans ces temples, agitant des pavois et psalmodiant des hymnes.

J’avais fui le domicile conjugal pour échapper à la coupe du monde de foot, et je tombais sur des extraterrestres qui me demandaient des renseignements sur cette même foutue coupe du monde. Je me sentais devenir folle. « Suis-je maudite ? »

— Vous n'allez vraiment pas me faire de mal ?
— Mais non ! Ces histoires d'enlèvements et d'expériences ont été inventées de toutes pièces par des habitants de votre planète. Ils se disent enlevés par nous alors qu'ils sont juste allés…
— … faire l'amour, tirer un coup, se dégorger le poireau, répondit Zamboum en feuilletant ses notes où l'on voyait un couple en pleine activité.
— Chez un amant ou une maîtresse ; c'est juste un alibi. Nous ne sommes que des étudiants, des scientifiques, pas des guerriers.
— D'ailleurs, ajouta Zami qui prenait la parole pour la première fois, une enquête a été menée par l'I.G.P.S., l’Institut Galactique de Police Spatiale : aucune de toutes ces élucubrations n'a été confirmée.
— Il y a quand même cette histoire de sonde anale…
— Lamentable erreur. De mon oncle, je l'avoue. Il faisait sa thèse avec ses collègues sur un pays nommé États-Unis d'Amérique. Il a voulu vérifier si les habitants étaient naturellement gros ou gonflés d'air. Il a « invité » un habitant et lui a enfoncé une caméra dans…

Une paire de fesses se matérialisa devant nos yeux.

— … le rectum, le fion, le popotin, l'anus, le troufignon, le fondement.
— La honte pèse encore sur notre famille…
— Pourquoi la deux chevaux, la voiture ?
— Pour passer inaperçus, incognito. Les premières missions d'études flanquèrent la panique : nos prédécesseurs venaient avec ce que vous appelez des soucoupes. Nous avions demandé une Porsche, mais restrictions budgétaires obligent, ils nous ont fourgué cette antiquité. Pour en revenir à notre sujet…
— Pourquoi j'arrive à vous comprendre ? Vous êtes télépathes ? Je vous comprends par l'intermédiaire d'ondes psychiques ?

Je faisais traîner le moment de l'explication ; ils allaient se rendre compte que je n'y connaissais rien en sport et me jeter dans le vide comme une vieille chaussette.

— Non, nous parlons simplement votre langue. Nous subissons lors du trajet un calibrage cérébral qui nous enseigne l'idiome de la région ; le français en ce qui vous concerne.
— Pour notre sujet…
— Vous avez dit « loi intergalactique ». Il y en a d'autres que vous ? Des habitants.
— Oui : des Antariens, des Rotuliens, des Quarks, et j'en passe.
— Et... ils vous ressemblent ?
— Pas tout à fait ; mais dans l'ensemble, les habitants des planètes de la Communauté Galactique sont zlagouilloïdes, ou humanoïdes comme vous dites. Les Quarks ressemblent à vos ratons laveurs, les Vrrl à des félins…
— Pour en revenir à notre sujet : sont-ce des manifestations religieuses ?
— Non, non, quoique parfois chez certains cela y ressemble. C'est juste un sport. Le football.
— Sport ?
— Oui, un jeu.
— Jeu : divertissement, amusement…
— En gros, des pays s'affrontent pour la gloire, mais surtout l'argent, par l'intermédiaire de joueurs. Les meilleurs joueurs de chaque pays sont sélectionnés dans leur équipe. Les gens avec des drapeaux sont des supporters. En règle générale, ils sympathisent entre eux, sauf quand ils picolent trop.
— Donc ce n'est pas une religion, intervint le dénommé Zoot. Les religieux exècrent les religions des autres, et tout se termine en génocide.
— Oui, il y a du vrai dans ce que vous dites.
— Chez nous, plus de religions. Il y a de cela quelques milliers d'années, nous étions répartis en plusieurs tribus : les Zlagouilliens des falaises, ceux des marais, des forêts... Des castes de religieux nous disaient ce qu'il fallait faire : surtout détruire les autres peuplades qui ne croyaient pas aux mêmes dieux que nous. Jusqu'à ce que de grands philosophes nous ouvrent les yeux. Les prêtres avaient tort.
— Nous les avons bouffés.

Je poussai un cri d'effroi, de nouveau terrorisée.

— Mais non, c'est de l'humour !
— Humour : dérision, rire, plaisanterie.
— Nous les avons mis dans une navette spatiale et envoyés vers notre soleil. Comme ils ne sont pas revenus, leurs dieux ne les ont pas sauvés. Conclusion : pas de dieux.
— Transformés en brochettes.

Je les regardais, étonnée. J'en apprenais autant sur eux qu'eux sur moi.

— Que se passe-t-il ensuite ? me demanda Zourglim, curieux. Pour le foot.
— Deux équipes de onze joueurs s'affrontent, le but du jeu étant d'envoyer une balle dans la boîte de l'adversaire. Celui qui en met le plus gagne.
— Il y a tout de même un prêtre, un petit homme qui court partout avec un sifflet.
— Lui, c'est l'arbitre. Tout le monde lui en veut.

Les quatre étranges personnages buvaient mes paroles. J'en profitai pour les observer en douce. Pas de système pileux, le front légèrement fuyant, des yeux aux iris fendus et surtout indépendants, le nez peu proéminent avec des narines apparentes allongées et fines. Ils pouvaient passer inaperçus dans une foule ; un peu étranges, certes, mais pas plus que certains humains.
Je sursautai en voyant Zoot se passer la langue sur ses lèvres fines. Sa denture présentait un petit interstice au centre. Je vis sa langue en sortir. Une longue langue bifide.
J'ai toujours été terrorisée par les serpents.
Zoot vit mon sursaut et mon effroi.

— Nous sommes, selon vos critères, des lézards. Insectivores et frugivores. Nos ancêtres grimpaient aux arbres ou aux falaises pour chasser.
— D'ailleurs regardez, me dit Zamboum.

Il me montra ses doigts. Longs, fins, avec un pouce opposable ; leurs mains possédaient six doigts. Il prit son verre, le serra puis le relâcha. Le verre tint tout seul dans sa main.

— Des ventouses !

J'étais encore plus terrorisée par les bestioles à ventouses que par celles qui rampent.

— Mais non : l'extrémité de nos doigts est faite de très fines lamelles constituées de poils que nous pouvons resserrer et relâcher à volonté. Nous pouvons grimper aux murs. Les filles de chez nous marchent même au plafond ; elles sont moins lourdes que nous, il est vrai.

Pour me réconforter, il me resservit un verre.

— Du Vasykonrigol, une boisson antarienne. La fabrication d'alcool est une de leurs spécialités, aux Antariens. Mais il ne faut pas en abuser : il a des effets secondaires étonnants.

Sous l'effet de l'alcool et de la gentillesse de mes kidnappeurs, je me calmai.

— Si nous mangions ? proposa soudain Zami.

Il n'en fallait pas plus pour me faire flipper de nouveau. Je me voyais en tant que plat principal.

— Nous allons faire une recette mi-zlagouillienne, mi-terrienne en l'honneur de notre invitée, proposa Zoot. Une tourte aux criquets, tomates et poivrons, relevée d'une goutte de venin de crotale.

Cris de joie de l'assistance, excepté moi. J'avalai d'un trait mon verre pour me donner du courage.

Pendant que nous mangions cette chose croustillante, nous regardions un match sur un des écrans géants. Je dus commenter la rencontre. Moi qui faisais à peine la différence entre le football et la pétanque…

La tourte aux criquets n'était pas mauvaise, tout compte fait ! Et surtout, mon verre de Vasykonrigol ne restait jamais vide très longtemps. À la fin du match je m'étirai, le ventre plein et l'esprit un peu embrumé. Zourglim me regarda.

— Vous êtes très jolie, même pour une Terrienne, me susurra-t-il en me caressant les cheveux.
— Merci. Vous zêtes pas mal hon plus pour un extraterrestre !

Il caressait mes cuisses, le salopiot. Je frissonnais, la texture de ses doigts étant étonnante.
Je tentai de me ressaisir. Je me faisais draguer par un extraterrestre !

— Yfôpas, je suis mariée, et nous ne sommes pas du même univers.
— Il y a eu des précédents, et même des naissances.
— Has hossible !
— Michael Jackson, ça ne vous dit rien ?
— Non ? Has hossible !

J'éprouvais des difficultés à articuler. J'étais ronde.

— Nos compagnes ne pondent pas mais mettent au monde de petits bambins, comme sur Terre. Nous sommes vivipares
— Faire l'amour avec une Terrienne est un de nos plus grands rêves : elles sont réputées pour leur beauté à travers toutes les universités de la galaxie, ajouta Zami.
— Yfôpas, répétai-je sans conviction.
— Vous n'y croyez pas vous-même, me répondit Zourglim en déboutonnant mon chemisier. Vous en rêvez un peu aussi, avouez-le…
— Ne vous inquiétez pas : les Zlagouilliennes sont autant portées sur les expériences avec des mâles terriens que nous avec des Terriennes.

En deux temps trois mouvements je me retrouvai à moitié nue. Et là, explosion sensitive ! Des doigts pleins de scansors me pétrissaient le sein droit tandis qu'une langue bifide prenait possession de mon téton gauche. Il était capable de le serrer entre les deux pointes de sa langue. Il était plus agile avec sa langue que beaucoup d'hommes avec leurs doigts.
Sans m'en rendre compte, je perdis ma jupe et mon slip.
J'étais délicieusement assaillie par quatre Zlagouilliens pleins d'idées salaces.

Ce qu'ils faisaient à mes tétons, ils le firent à ma chatte. J'étais impudiquement allongée sur ce grand fauteuil, les jambes écartées. Mon petit bourgeon décalotté se faisait triturer par une langue diabolique. Il se dressait tel le Pain de Sucre à Rio, tout heureux d'être à telle fête.
Je me sentais partir, tomber dans les pommes tellement c'était bon !
Mais je n'avais pas encore tout découvert…

De doux doigts écartèrent encore plus mes lèvres, très délicatement. Une autre langue pénétra dans mon vagin. Elle y remua et y mena une sarabande effrénée, fouillant d'un côté et d'autre mon intimité, y trouvant des points sensibles dont j'ignorais l'existence. Mon cœur battait à deux cents à la minute. Je me disais qu'il ne pouvait y avoir mieux.
Erreur.
Le quatrième larron s’intéressa à mon anus et y mena la même activité que son collègue dans mon minou. Mon corps se tendit, s'arqua et se tétanisa. Je ne pensais pas pouvoir jouir avec une telle intensité et aussi vite.
J'en sortis essoufflée, ébouriffée, en vrac ! « S'il vous plaît, qu'on me ramasse à la petite cuillère ! » Je dégoulinais de partout. J'avais la praline en délire. Les yeux fermés, je goûtais l'extase présente.

Des bruits feutrés me sortirent de mon ébahissement. Suite logique des choses, face à moi, quatre Zlagouilliens nus comme des lézards me fixaient avec envie. En retour je fixai, émerveillée, quatre Zlagouilliens nus.

Qu'ils aient une peau lisse et luisante comme un métal précieux, pourquoi pas ? L'un semblait doré, deux autres gris acier, le dernier avec des reflets verts. Leurs muscles pectoraux et abdominaux qui se dessinaient et roulaient sous leur derme me séduisaient. Mais que dire de ce que je vis entre leurs jambes… Les Zlagouilliens n'étaient pas bifides que de la langue !
Devant mes yeux écarquillés, huit belles verges se dressaient fièrement.
Zamboum spécifierait : « Verges : bites, phallus, quéquettes… »

Ce n'étaient pas des monstruosités, des choses énormes, non. J’ai connu des hommes bien mieux équipés ; mon mari, par exemple. Les dimensions ne m’impressionnaient pas outre mesure : longues, mais pas très épaisses. Mais là, il y en avait deux pour le prix d'une ! Dessous, des petits sacs de peau pendouillaient.

J'étais toujours allongée sur le dos les jambes en l'air. Zourglim s'approcha et s'allongea sur moi ; je le laissai faire. Je ne cessais de me répéter « Pardon, mon chéri, mais il y a des choses qui ne peuvent pas se refuser. Je ne te trompe pas : je participe à une expérience scientifique et établis des relations diplomatiques. »

Je senti sa « première queue » se poser à l'entrée de ma bonbonnière. Qu'allait-il faire de la seconde ?
Il me souleva les cuisses et je sentis son second organe se positionner sur mon petit trou.
Avant d'avoir pu dire quoique ce soit, de m'être psychologiquement préparée, il me pénétra, doucement, avec délicatesse. J'ouvris grands les yeux ; la bouche aussi : je venais de recevoir ma première double pénétration, avec un seul individu qui plus est.
Et aussi ma première sodomie par la même occasion.

Là où un humain se serait agité, m'aurait bousculée, m'aurait bourré le ventre, mon partenaire ne bougeait pas. D'abord étonnée, je m'apprêtais à lui demander ce qu'il attendait, mais ma question se figea dans ma gorge ; ses appendices sexuels remuaient en moi. Je ne voyais que cette explication. Je les sentais bouger, gigoter dans mon cul et mon ventre, tout seuls. La sensation était étonnante, somptueuse, merveilleuse ; que sais je encore… Ses queues me titillaient l'intérieur. Je gémissais en continu. Il me faisait des points d’acupuncture vaginale. Il venait de trouver mon point G ; je me sentis fondre et exploser en même temps. J'étais certaine qu'avec le point G, il avait aussi trouvé le F et le H ; que dis-je : il récitait tout l'alphabet ! D'autant que dans mon cul son autre sexe menait la sarabande. Je poussai un long hurlement de louve en rut, le cri de la louve à la lune. Je ne savais pas s'il avait joui lui aussi, s'il avait déversé de potentiels Michael Jackson dans mon ventre, mais il se retira, non sans m'avoir léché les sourcils.
Je restai en vrac sur le canapé.

Zami s'approcha et me prit tendrement dans ses bras. Il me fit asseoir sur lui, le dos contre son torse. Ses verges – ou quoi que ce soit – frétillaient et entrèrent facilement. Il attrapa mes doudounes et fit rouler ses doigts dessus. Ses phalanges pressaient et relâchaient ma poitrine, qui semblait aspirée. Sa langue dessinait des arabesques à la base de ma nuque en une douce caresse.

Les trois autres sbires profitèrent de la situation et de ma position. Mes tétons furent saisis par deux langues préhensiles alors que le troisième larron me faisait vibrer la virgule. Il écarta ma petite parenthèse enchantée de ses doigts délicats et vint enrouler une pointe de sa langue autour de mon petit bourgeon, alternant pressions et relâchements. L'autre pointe me le caressait. Ils semblaient capables de faire plusieurs choses à la fois avec le même organe !
Leurs mains me tripotaient, me frôlaient, me palpaient. Toutes mes terminaisons nerveuses étaient sollicitées.
En deux minutes je partis en vrille, hurlant des « Arrêtez, c'est trop ! » ; « Continuez, je vous en supplie… » ; « Encore, encore ! » Je n'allais pas pouvoir supporter cela bien longtemps. Peut-on mourir de trop d'orgasmes ?

Un petit verre de Vasykonrigol me requinqua un peu ; ils ne pouvaient pas faire plus.
Eh ben, si !

Je croyais avoir des hallucinations. Zami s'approcha de moi, ses appendices semblaient tressés. Ses deux sexes ressemblaient maintenant à un toron. Zoot le suivait, dans les mêmes dispositions. Ils n'allaient quand même pas… Si ! Zoot me prit dans ses bras, me souleva et posa mon bienheureux minou sur son paratonnerre. Derrière moi, Zami enfila le sien dans mon anneau de Saturne. L'ensemble semblait plus gros, mais le tout entra quand même sans difficulté et se mit à y gigoter.
Une pensée saugrenue me traversa l'esprit : pouvait-on dire que je participais à un quadrille ?
Je crois bien n'avoir jamais autant crié de toute ma vie. Et je ne le regrettais pas. Quel pied !

Je restais avachie dans le canapé, un sourire béat aux lèvres ; enfin, à la bouche. Moi qui n’avais jamais trompé mon mari, qui n'avais connu que deux hommes dans ma vie, je venais de me rattraper. Et de quelle façon ! Je devais apprendre plus tard que cette façon de procéder était la plus appréciée des Zlagouilliennes.
Et puis, à bien y réfléchir, tromper son mari avec un Zlagouillien, ce n'est pas vraiment tromper.
Avec quatre non plus.

Mes quatre amants stellaires s'affairaient autour de moi. Ils me léchaient ! Glissaient leur langue partout sur mon corps, sur mes seins, dans ma petite toison de jais, sur mes paupières, derrière les oreilles, sous les bras. Et bien entendu, sur ma chatte repue.

— Que faites-vous ? Je n'en puis plus. Mon triangle des Bermudes vient de subir un tsunami !
— Hamélie, sais tu que nos langues sont des récepteurs sensoriels d'une extrême sensibilité et complexité ? Outre détecter la chaleur et les odeurs, nous pouvons grâce à elle définir plus de trois cent mille substances différentes rien qu'en goûtant.
— Que les Terriens sont les seuls êtres connus dans la galaxie capables de transpirer ?
— La sueur d'une femme qui vient de prendre son plaisir est la substance la plus merveilleuse qui soit à notre palais ?
— Et je dois te dire, ajouta Zoot, que tu possèdes un grain de peau et une transpiration d'une rare sensualité. Tu es un nectar ; tu dégages une telle profusion de phéromones et d'hormones que tu nous enivres, tel un grand cru millésimé.

Je me touchai le bas du ventre et m'étonnai :

— Vous n'avez pas…
— Si, mais nous pouvons stocker nos spermatozoïdes dans une spermathèque. Nous ne voudrions pas que tu te retrouves avec un petit Zlagouillien dans le tiroir !
— Une spermathèque ?
— Oui, cette poche sous nos…
— … zizis, zigounettes, phallus, manches à balai, pines, dit Zamboum en consultant l'hologramme d'un sexe masculin en érection.
— C'est un moyen que nous avons pour disserter des galaxies avec une Zlagouillienne sans avoir à en rendre compte à un papa ou un mari !

Décidément, j'étais tombée sur de véritables gentilshommes poètes. Je ne sus jamais comment se dit gentilhomme en Zlagouillien. Spielberg, Lucas et autres, vous pouvez aller vous rhabiller : vous n'y connaissez rien en extraterrestres. « La guerre des étoiles » ? Je venais d'obtenir les étoiles sans la guerre. E.T. ? Il pouvait aller se faire voir avec son petit doigt qui…
Il fallait que je vérifie : peut-être qu'elles s'illuminaient dans le noir ? J'étais totalement ronde, car je partis d'un gigantesque fou-rire qui inquiéta même mes kidnappeurs. Une pensée saugrenue venait de me traverser l'esprit : je venais pour la première fois de voir de véritables bi-stouquettes !

Je pris une douche aux ultra-sons et m'écroulai sur le lit que mes hôtes m'avaient réservé.

À mon réveil, Zamboum m'apprit que j'avais dormi pendant vingt-huit rotations, soit quatorze heures ! Je mourais de faim.


* * *



Je restai un mois avec eux dans ce vaisseau spatial équipé de toutes les fonctionnalités.
Mes quatre ravissants ravisseurs me le firent visiter ; la salle de sport, la pièce d'observation des étoiles… Pendant que mes amis vaquaient à leurs occupations, descendant sur Terre pour étudier je ne sais quoi, je passais des heures à regarder ma planète, allongée dans un transat en écoutant de la musique zlagouillienne. Le pied !

Parfois l'un d'eux venait me masser le dos. Se faire masser par douze doigts agiles en regardant l'univers est resté une des expériences les plus fantastiques que j'ai vécues avec eux.
Ils commençaient par les chevilles, remontaient lentement sur les mollets, s'arrêtaient sur mes genoux puis s'égaraient sur mes fesses. Ils y faisaient une longue pause. Surtout que ces massages s'accompagnaient de caresses linguales délicates.
Lorsqu'ils arrivaient sur mes épaules, je dormais, épuisée.
Ils aimaient tout autant me masser le côté pile que le côté face ; je n'y voyais aucun inconvénient.

Une salle de communications permettant de capter les émissions terriennes et de contacter Zlagouille complétait l'équipement technique. Ils n'étaient que quatre pour manœuvrer ce vaisseau entièrement automatisé.

Les Zlagouilliens étant de fines gueules, le vaisseau possédait une cuisine très bien équipée. Je faisais la tambouille avec eux, mélangeant les recettes françaises et de chez eux. Je ne pus cependant jamais donner à mes amies ma recette du confit de blattes ou du gratin de termites.

Mes charmants hôtes vivaient nus ; j'en faisais autant. Nue dans l'espace, même Kubrick ne l'aurait pas imaginé !

Un jour que j'épluchais des scarabées Pique-Prune, j'interrogeai mes hôtes sur quelque chose qui me turlupinait :

— Comment se fait-il que nous marchions normalement ? Quand je vois des images de la navette spatiale, ils flottent partout, en apesanteur.
— Je m'étonnais que tu ne t'en inquiétasses point, me répondit Zami.
— Notre vaisseau possède un G.O.U.M.I. Autrement dit un créateur de gravité artificiel.
— La gravité sur Zlagouille est un peu plus élevée que sur la Terre, mais à peine ; de même que l’atmosphère est pratiquement identique. Tu peux respirer sans problème.
— Et personne ne vous a jamais repérés ?
— Impossible : nous sommes équipés d'un L.U.B.O.V. qui efface les ondes et les images radar. Nous sommes invisibles. À moins qu'un abruti ravitaillant la station spatiale ne nous percute, mais la possibilité est extraordinairement faible.

Nous ne refîmes pas de suite une bacchanale comme le premier soir.
Il ne se passait cependant pas une journée sans que je partage la couchette de l'un ou l'autre.
Je ne me sentais pas trop d'attaque pour pratiquer une fellation, me sentant bien en peine de choisir l'une ou l'autre des… stouquettes. Je me suis laissée aller, à de rares fois, à pratiquer un soixante-neuf. Tandis qu'une langue bifide m'explorait les entrailles, je tentais désespérément d'attraper une bébête qui remuait tout le temps. Cette pratique n'est pas usitée dans la bonne société zlagouillienne ; je comprenais pourquoi.

Ils me firent goûter aussi au sexe en apesanteur. Dans une salle spécialement aménagée, je ne possédais plus de point d’appui. Je tournoyais, empalée sur une ou deux verges, ne sachant plus si j'avais la tête en bas ou en haut ; je découvris aussi que l'absence de pesanteur décuple les sensations. Une histoire de circulation sanguine, paraît-il.
La N.A.S.A. n'en a jamais parlé, mais je suis sûre que les astronautes ont dû faire des expériences ; c'était trop tentant ! Les Ricains, toujours à s'offusquer d'une histoire des fesses, jamais les derniers à s'en régaler. Des puritains libidineux !

Détail amusant, je les étudiais moi aussi. Leur sexe semblait tout à fait étonnant : il était télescopique. Tout petit au repos, il se dressait lorsqu'il subissait une excitation. Lorsqu'ils voulaient pratiquer, de petits éléments semblaient s’emboîter. Ce qui expliquait leur souplesse.

J'ai appris le Kâma-Sûtra version Zlagouille.

Ils me racontèrent que des textes de lois intergalactiques interdisaient d'avoir des relations avec des autochtones ; mais, que voulez vous, la Nature étant ce qu'elle est, on ne peut envoyer des êtres vivants dans l'espace pendant plusieurs mois sans que certains besoins se fassent sentir. Le président de l'université fermait les yeux ; il suffisait de rester dans les limites du raisonnable.
Je fus contente de savoir que j'entrais dans les limites du raisonnable !

— Les Zlagouilliennes sont pires que nous ; les mâles qui ressortent d'entre leurs pattes en gardent de graves séquelles.
— Ah oui ?
— Marilyn Manson, Silvio Berlusconi, tu connais ?
— Nooon…
— Si ! Et aussi George W. Busch. Il a raconté partout qu'il avait rencontré Dieu. Ce sont des Zlagouilliennes qu'il a croisées.
— Ce ne serait pas plus simple d'envoyer des équipages mixtes, non ?
— Ça a été tenté, une fois. Il n'y a pas eu d'études cette année-là. Trop occupés à…
— Pourquoi venez-vous régulièrement visiter notre planète ?
— Pour enseigner nos enfants. Pour leur montrer toutes les conneries qu'il faut éviter : erreurs politiques, écologiques. Vous êtes des experts ; en beaucoup de choses, d'ailleurs… me répondit Zamboum en me caressant la joue.
— Pourquoi vos noms commencent tous par des Z ?
— À cause de nos langues ; c'est un défaut de prononciation sur les sifflantes, me certifia Zamboum en forçant sur les S.

Lors de l'une de nos conversations, alors que nous discutions dans le salon, je posais LA question qui me brûlait les lèvres et devait brûler celles de beaucoup de Terriens dans de telles circonstances :

— Les Bogdanoff, ils ne seraient pas un peu Zlagouilliens ?
— On sait pas d'où ils viennent. Même pour les Rotuliens ils paraissent bizarre, ces deux-là.
— Selon la rumeur, ajouta Zoot, des Antariens seraient venus en goguette sur Terre et auraient confondu une Terrienne avec une femelle orang-outang. Cela sous le sceau du secret ; les Antariens sont tellement susceptibles…

Nous regardions tous les matchs de football de la coupe du monde. J'eus une pensée émue pour mon chéri en voyant l'équipe de France se faire éliminer.
J'essayais de leur expliquer les règles de ce sport. Je faisais de mon mieux, rassemblant les vagues souvenirs issus de conversations avec mon mari ; hors-jeu, pénalty, coup-franc, faute, corner. Je tentais de remplir mon rôle de consultante.

Assise entre mes amis, nous regardions l'Allemagne battre l'Argentine ; enfin, nous tentions de regarder car ils n'arrêtaient pas de me chatouiller, de me caresser. J'avais la tête posée sur une épaule, les fesses sur des genoux et des mains un peu partout.
Lors de la remise de la coupe nous pratiquâmes un échange intergalactique : ils venaient de décréter que la coupe était mon corps. Ils le célébraient et l'embrassaient, sans oublier de revérifier si mes pertuis fonctionnaient bien ! Un sexe bifide dans l'arrière-train, une langue dans la timbale et des doigts sur les tétons, j'explosais en rafales.

Comme toute les bonnes choses, celle-ci eut une fin.
La mort dans l'âme, mes quatre amis m'annoncèrent que leur période de stage se terminait en même temps que la compétition ; ils s'en repartaient sur Zlagouille. Cela faisait plus d'un mois que je vivais avec eux.
Je les quittai en larmes, qu'ils s'empressèrent de déguster.

Le quinze juillet, je reprenais la 2CV : ils ne voulaient pas prendre le risque de se faire abattre par une fusée de feu d'artifice de la fête nationale.
Ils me déposèrent à deux cents kilomètres de chez moi. Des gendarmes me retrouvèrent, errante, sur le bord d'une route. C'est comme cela que j'appris que des recherches monumentales avaient été lancées en mon honneur ; une voiture vide sur le bord de la route inquiète toujours les maris. Je fus transportée à l'hôpital, où je subis nombre d'examens. Au grand étonnement de la gent médicale, je me portais comme un charme, ayant même pris un peu de poids.

Une seule solution pour moi : faire l'idiote amnésique. Si je racontais aux gendarmes, à un psychiatre ou – pire – à mon mari que je venais de passer un mois à me faire astiquer les méandres, à faire la cuisine et à parler foot avec des extraterrestres, je me serais retrouvée chez les fadas pour un bon bout de temps.

Je repris ma vie d'antan, avec d'agréables souvenirs, une fréquente envie de faire l'amour – ce qui ne déplaisait pas à mon mari – et une irrépressible envie de rire à chaque fois que je voyais les Bogdanoff, George Bush ou Berlusconi à la télé, ce qui ne manquait pas d'étonner mon mari.


* * *



Deux ans ont passé depuis ces événements.
Aujourd'hui débute le championnat d'Europe de football en France. Je reviens du supermarché du coin copieusement approvisionnée en bières, rosé, merguez et godiveaux.
Avec des graines aussi : pour Olivier, notre coq. Il se nomme Olivier car je trouve qu'il a la même coupe de cheveux que l'avant-centre de l'équipe de France.

Mon mari a invité ses copains ; c'est le match d'ouverture.

Arrivée dans la cour, je reconnais les voitures de nos amis, mais aussi deux somptueux véhicules. Des Tesla. Je le sais, c'est écrit dessus. Sur la terrasse, j'entends beugler :

— Mais ils sont oùùù, mais ils sont oùùù les Espagnols ?

La réserve de rosé doit déjà être fortement entamée.
Dans la cuisine je croise mon mari, bien allumé.

— Ma chérie doudou, tes amis sont là ; tu sais, ceux qui t’ont retrouvée il y a deux ans. Sont ouachement sympas.

Le rosé fait son effet… Mais qui sont ces amis ? Ce sont les gendarmes qui m'ont retrouvée.
Je lâche dans un grand fracas mes bières et saucisses car dans la cuisine viennent d'entrer Zourglim et Zoot, une perruque tricolore sur la tête.

— Hamélie, nous sommes venus te dire bonjour.
— Bonjour : salutations, coucou, hello, salut… ajoute Zamboum qui suit.
— Nous voulons juste prendre de tes nouvelles. Comment vas-tu ? Me demande Zami.
— Bien ; très bien même.
— Tu es toujours aussi belle !
— Vils flatteurs…
— Pas de soucis avec les forces de l'ordre ? Ton mari ?
— Aucun.
— Et… sexuellement ?
— Bien aussi, très bien, même que je suis devenue insatiable. Mon mari ne s'en plaint pas, mais il peine, le pauvre !
— Je m'en doutais. C'est un des effets secondaires du Vasykonrigol. À fortes doses, comme toi tu as reçues, ces effets deviennent permanents. Aussi t'avons-nous apporté quatre bouteilles. Pour ton mari. C'est efficace aussi pour les hommes, plus que votre Viagra, moins dangereux pour la santé et meilleur au goût.
— Oh, merci, vous êtes des choux !
— Mais nous sommes là surtout pour t'annoncer une grande nouvelle : nous avons fondé la Fédération Intergalactique de Football Astral. La F.I.F.A. Nous détenons tous les droits de retransmission.
— Nous sommes quatre actionnaires et détenons quatre-vingts pour cent des parts. Les deux voitures que tu as vues dans ton jardin, c'est ça.
— C'est génial, je suis contente pour vous.
— Attends, ce n'est pas tout ; nous te devons notre réussite, aussi avons-nous un cinquième associé : toi !
— Moi ?
— Oui. Nous avons un cadeau pour toi.
— Cadeau : présent, offrande, obole…

Ils me donnent alors un modèle réduit de leur vaisseau spatial, le Phouphounon, bien reconnaissable avec ses deux propulseurs à ionisation sphériques à la base, son long fuselage cylindrique et son cockpit bulbeux au sommet. Cette reproduction mesure environ 50 cm de long et 10 de diamètre.
Je suis contente, mais je ne vois pas ce qu'il y a d’exceptionnel dans ce bidule.

— Le Phouphounon était le vaisseau de l'université ; celui-là c'est le nôtre, l’Hamélie, rectifie Zoot.
— Ouvre-le ! me disent-ils.

Je dévisse le sommet, et je découvre l’exceptionnel.
Le bidule est rempli de diamants.

— Bienvenue, partenaire !

Je pleure dans les bras de ces étonnants personnages.

— Attends-toi à nous voir régulièrement pour t'amener tes dividendes.

Nous retournons dans le salon.
J'ai toutefois planqué le Vasykonrigol : je ne tiens pas à faire les frais de ses effets secondaires si j'en fais boire à toute la troupe !
C'est le début du match.

— Qui ne saute pas n'est pas Français. Ouais !

Quelque temps plus tard :

— Arbitre, pourri ! hurle mon mari.
— Arbitre : enculé, sodomite, empaffé…
— Ils sont vraiment sympas, tes copains !

Grâce à mes dividendes, je vais pouvoir lui payer un billet pour la finale.

Vers une heure du matin, les invités de mon mari ronflent dans le séjour, dans un état incompatible avec la conduite. Je vais me changer, passer une nuisette.
Lorsque tous les humains dorment à poings fermés, mes Zlagouilliens, la mine inquiète, m'entourent.

— Hamélie, nous voudrions te demander un service.
— Service : faveur, plaisir, bienfait…

C'est bien la première fois que je les vois hésiter, tendus, peu sûrs d'eux.

— Dites toujours.
— Nous t'avons nommée marraine de notre première compétition. Nous voudrions que tu sois notre invitée d'honneur sur Zlagouille, que tu en donnes le coup d'envoi.
— Tu n'en aurais pas pour longtemps ; deux mois tout au plus. Trois jours pour y aller, trois jours retour, et six semaines en temps standard terrien pour assister aux matchs, faire un peu de tourisme, de shopping, t'amuser.
— Regarde, c'est notre équipe ; ils t'ont choisie comme mascotte.

Il me montre une photo de onze Zlagouilliens en short. Sur le côté, un gars en costume se tient raide comme la justice. Sa tête me rappelle vaguement quelqu'un.

— Il a l'air bizarre, celui-là.
— C'est l'entraîneur ; c'est aussi le père de Ribéry.
— Je me disais aussi…

Je soupire ; je ne peux pas laisser mon mari seul une nouvelle fois, le pauvre ; je dois penser aussi à mon travail. Je secoue tristement la tête.

— Désolée, je ne pense pas que ce soit possible.

Mes quatre gentils Zlagouilliens rejoignent leurs voitures, la tête basse, dépités.

Appuyée sur le chambranle de la porte, je les regarde s'éloigner, aussi triste qu'eux, honteuse de les décevoir. Des remords m'assaillent ; je ne peux pas leur faire ça… Au diable, boulot et mari ! De plus, une telle occasion ne se représentera pas de sitôt, peut-être même jamais. Je me dis aussi que j'ai des devoirs envers la Terre, en tant que seule et unique représentante humaine auprès de Zlagouille. Je suis ambassadrice, merde ! J'ai une fonction à respecter, un travail à assumer.

— Attendez, ne partez pas ! Ne partez pas sans moi !

Je me précipite à leur poursuite, certaine de ressembler à une idiote à courir et gesticuler ainsi en nuisette et en tongs.
Je me serre entre Zoot et Zami.

— Je n'ai pas de vêtements.
— Pour quoi faire ? me répond Zoot.

Tandis que les voitures s'élèvent, retentit un étrange chant :

— ET ILS SONT OÙÙÙ, LES ANTARIENS ?

Je dois bien avouer que j'adore les échanges diplomatiques avec les Zlagouilliens.


_______________________




Note à monsieur Spielberg : les extrémités ne s'éclairent pas.
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Re: coupe du monde (texte proposé)

Message par Docsevere le Mar 30 Aoû 2016 - 20:06

Savoureux ! J'ai adoré !
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Re: coupe du monde (texte proposé)

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